L’hiver 2015 et le risque de pénuries d’électricité en 6 phrases

Winter

Il fait 30 degrés… L’été est là ! Mais – sans vouloir gâcher votre plaisir – pour tous ceux concernés par la politique énergétique, cette situation signifie aussi que l’hiver approche et, avec lui, la crainte des pénuries d’électricité.

Reste à savoir si, ces derniers mois, nous avons vraiment saisi toutes les opportunités pour éviter une coupure l’hiver prochain, car il s’agirait du pire scénario possible.
Avons-nous vraiment consacré notre temps à chercher des solutions ? Que pouvons-nous encore faire les prochains mois ? Sommes-nous suffisamment créatifs ou misons-nous tout sur le même cheval ?

Voici mon analyse de la situation en 6 idées visant à trouver des solutions…

1. Il est encore possible de raccorder la centrale néerlandaise Claus au réseau belge

La procédure d’appel d’offres lancée par le gouvernement précédent pour acquérir de la capacité supplémentaire a beau avoir été annulée, RWE/Essent examine encore, avec les pouvoirs publics, comment la centrale au gaz Claus C pourrait fournir de l’électricité à la Belgique.

La centrale Claus C est actuellement hors service. Elle peut toutefois être remise en service relativement rapidement (l’hiver prochain est peut-être trop proche, mais ceci est possible dans un délai assez court) et raccordée au réseau à haute tension néerlandais.
L’électricité pourrait ainsi arriver en Belgique par interconnexion.

Elia doit prendre les mesures nécessaires pour tirer pleinement parti de la capacité d’interconnexion. En outre, il faut aussi de bonnes conditions de marché pour que la réactivation de la centrale soit rentable pour nous.

À plus long terme, nous pouvons raccorder la centrale directement au réseau à haute tension belge, tout comme nous l’avons déjà proposé dans le cadre de l’appel d’offres.

2. Il existe des alternatives à Doel 1 et Doel 2

Dans notre pays et les pays voisins, plusieurs centrales électriques au gaz sont prêtes à fournir de l’énergie. Nombre de ces centrales sont pour le moment inactives, car elles ne sont pas rentables.

Ce manque de rentabilité menace également quelque 1 662 MW de capacité en Belgique (source: De Tijd). L’utilisation optimale de cette capacité demande des frais d’investissement moins importants que le redémarrage de Doel 1 et le maintien en activité de Doel 2. Il s’agit en outre d’une solution à la fois sûre et flexible.

Le passé nous a clairement prouvé qu’il n’était pas bon de rester dépendant d’un seul producteur. Le gouvernement ferait bien de chercher la capacité électrique nécessaire pour les hivers à venir auprès de plusieurs entreprises d’énergie européennes.

3. Doel 1, 2, 3 et Tihange 2 restent des facteurs incertains

Les chances que Doel 1 et Doel 2 restent ouvertes diminuent de jour en jour. Et ce, pour différentes raisons, dont les complications juridiques et le fait que le gouvernement doit arriver à un accord avec l’exploitant Electrabel dans les prochaines semaines. Lors de négociations, il n’est naturellement pas idéal que la partie adverse sache que vous êtes pris par le temps.

En ce qui concerne Doel 3 et Tihange 2, des experts tentent depuis des mois de démontrer que ces « centrales fissurées » sont suffisamment sûres pour être redémarrées, mais en vain jusqu’à présent.
Et le temps passe…

Nous n’avons actuellement pas le luxe de tester plusieurs solutions chacune à leur tour, nous devons trouver plusieurs solutions en parallèle.

4. La crainte des pénuries n’a jamais disparu

L’hiver dernier, nous avons eu de la chance, car le temps a été extrêmement doux. Les calculs d’Elia confirment qu’il existait un risque important que la lumière s’éteigne pendant les mois d’hiver 2014-2015.

Entre-temps, le problème s’est amplifié : cette année, des centrales électriques disparaissent du marché et, l’hiver prochain, il y aura également moins d’importations possibles depuis la France en périodes d’affluence. Il serait faux de penser que tout se passera facilement.

Pour évaluer l’impact d’un black-out, il suffit de repenser au chaos à Zaventem la semaine dernière.

5. La réserve stratégique n’est pas une solution à long terme contre une pénurie d’électricité

L’alternative de la capacité d’urgence via la réserve stratégique est déjà entièrement exploitée pour l’hiver prochain. Une réserve stratégique est d’ailleurs une solution à court terme.

Un mécanisme de capacité – comme les fournisseurs et producteurs d’énergie de FEBEG l’ont proposé dernièrement – est une solution qui attire plus d’investissements et fonctionne à long terme.

Le groupe Essent/RWE est également partisan de l’introduction d’un marché de capacité en Belgique, qui assure une alimentation sûre et stimule l’innovation.

6. La gestion de la demande est aujourd’hui trop limitée pour empêcher une coupure

La gestion de la demande, par le biais de laquelle les entreprises s’engagent à ne pas consommer d’électricité à certains moments, peut représenter une bonne solution à l’avenir et comme complément à la production. La gestion de la demande est toutefois une histoire sans fin. Elle existe déjà, mais elle ne fournit pas encore les capacités nécessaires pour contrer un brown-out ou une coupure. Elle ne résoudra donc pas notre problème l’hiver prochain.

Les batteries pourraient être une solution d’avenir, mais la technologie des batteries n’en est encore qu’à ses balbutiements.

Ma conclusion ? Il est clair que toutes les sources d’énergie en Belgique ont été envisagées pour l’hiver prochain. Si nous voulons éviter une coupure de courant, nous devrons de toute façon aller chercher plus de capacité à l’étranger.

Au sein de RWE/Essent, nous proposons depuis plus d’un an des solutions pour assurer l’approvisionnement.

Le gouvernement a maintenant l’occasion de concevoir des solutions créatives, capables d’éviter ou de limiter les problèmes à court terme. Il peut présenter une vision à long terme bien réfléchie pour l’approvisionnement en énergie. L’objectif doit encore être atteint. En tant que l’une des cinq principales entreprises d’énergie européennes, au sein d’Essent/RWE, nous sommes déjà prêts à présenter des idées utiles à ce gouvernement.

Donc, madame la ministre, à vous de faire de notre solution un objectif.

Frank Brichau

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