La voiture électrique pour tout le monde ? Absolument ! Voici cinq raisons de franchir le pas.

Le débat sur les voitures électriques est dans l’air depuis déjà un certain temps, mais il prend un tournant de plus en plus concret. Il semble que le moment est venu de passer à l’électrique. La vente et la possession de voitures électriques sont en augmentation. Deux millions de véhicules électriques roulent déjà sur les routes du monde, dont 700.000 vendus en 2016, soit un doublement par rapport à l’année précédente.

Bloomberg prévoit cette année la vente d’un million d’exemplaires. En Belgique, on dénombre déjà plus de 4.000 véhicules personnels électriques, dont 1.500 en Flandre en 2016. Mais les Pays-Bas sont déjà un cran plus loin, avec une flotte de 100.000 voitures électriques. De toute évidence, 2017 sera l’année de la voiture électrique. Voici cinq raisons de s’engager « maintenant » dans la transition de la mobilité.

1. Notre réseau énergétique est prêt

On a longtemps craint que l’utilisation de voitures électriques ne surcharge notre réseau d’électricité. Cette discussion appartient au passé : selon l’Agence européenne pour l’environnement, un parc de véhicules à 80 % électrique n’aurait besoin que de 13 % d’électricité en plus qu’actuellement.

Par ailleurs, la plupart de ces voitures seront rechargées le soir et la nuit, quand elles ne sont pas utilisées, ou en journée pendant le travail, lorsque l’offre solaire et éolienne est généralement plus importante. En chargeant « intelligemment », l’impact reste limité et le risque de « charge de pointe » est évité. En outre, l’énergie solaire et la technologie des batteries sont en évolution et de plus en plus de gens, sont des producteurs d’électricité grâce à leur maison.

Nos collègues des Pays-Bas mènent d’ailleurs un projet sur ce sujet. Essent NL, en collaboration avec la startup amstellodamoise Cohere, tente de montrer tout le parti qu’on peut tirer d’un chargement intelligent des voitures électriques. Quand le réseau électrique est moins chargé, par exemple, le rechargement d’une voiture peut aller jusqu’à 50 % plus vite. D’ici la fin de l’année, Essent NL réorientera le comportement de charge d’une septantaine de voitures électriques, l’objectif étant de rééquilibrer le marché grâce à la flexibilité libérée.

2. Le coût d’utilisation des voitures électriques est plus faible

Pour le consommateur, le coût par kilomètre d’une voiture électrique est moindre que celle d’une voiture à essence ou au diesel : l’entretien ne coûte pratiquement rien, la TMC est plus basse et le coût du plein d’une voiture hybride est moindre également. Selon des recherches menées à l’UGent, la variante électrique de la Volkswagen Golf est moins chère au bout de seulement cinq ans parce que son coût total de propriété (entretien, assurance, carburant…) est plus faible. Bloomberg prévoit qu’en 2022 le prix d’achat d’un véhicule électrique sera le même que celui d’une voiture conventionnelle.

La production d’électricité verte devient aussi de moins en moins chère grâce aux nouvelles technologies. Ceux qui ne produisent pas leur propre électricité mais qui sont propriétaires d’une place de parking peuvent charger leur voiture au tarif de nuit.

Il y a un autre point qui n’est pas sans importance pour le consommateur modal : les constructeurs sont en train de s’orienter plus massivement vers l’électrique, ce qui entraîne un élargissement important des choix possibles.

3. Le rayon d’action n’est plus un problème

L’autonomie des voitures électriques a toujours été leur talon d’Achille. Cà aussi, c’est du passé ; grâce à certaines évolutions de la technologie de batterie, nous pouvons désormais franchir facilement 200 kilomètres d’un seul coup. Or, la plupart des gens font aujourd’hui moins de cent kilomètres par jour. Compte tenu de la faiblesse de son coût et des distances parcourues, une voiture électrique est donc idéale pour de nombreux ménages qui ont une seconde voiture dans leur allée.

En outre, les trajets en voiture peuvent être sensiblement allongés grâce à la présence de bornes de chargement. La Belgique compte plus d’un millier de bornes de chargement accessibles au public et, avec les bornes de chargement rapides, une petite demi-heure suffit pour recharger votre voiture à près de 80 %.

4. Il y a une volonté politique

La mobilité a un grand impact sur la santé de la population. A fortiori dans nos villes où la qualité de l’air est parfois dramatique. L’apparition de zones à faibles émissions et de plans de mobilité montre que le monde politique l’a compris. Carlo di Antonio, Ministre de l’Environnement et de la Mobilité a déclaré qu’un plan prévoit d’atteindre 1600 points de raccordements électriques en Wallonie, contre un peu plus de 200 actuellement. Le gouvernement wallon a d’ailleurs décidé que 50% des nouveaux véhicules des institutions publiques wallonnes seront hybrides-électriques et 100% en 2030.

Enfin, il faut compter avec les directives européennes. D’ici 2020, la Belgique devra posséder 21.000 points de charge, ce qui améliorera sensiblement le confort routier. D’ici 2021, les émissions moyennes maximales des voitures ne pourront plus dépasser 95 grammes de CO2 par kilomètre. Cet objectif est impossible à atteindre sans l’introduction des véhicules électriques. Les constructeurs automobiles l’ont bien compris.

5. L’électricité peut aussi être utilisée dans votre ménage

Il nous arrive de dire en blaguant que pendant une canicule il est possible de se cuire un œuf sur une voiture. Avec les véhicules électriques, ce sera bientôt une réalité. L’énergie accumulée dans la batterie de votre voiture pourra servir aussi dans votre maison. Investir dans une voiture électrique, c’est donc avoir plus que des kilomètres. Qui n’a pas rêvé, au début du printemps, de pouvoir allumer sans souci son barbecue pendant un jour de congé passé avec des amis ?

En outre, la batterie de la voiture peut aussi être la batterie de la maison. Si votre maison produit un surplus d’énergie verte à certains moments de la journée, cette énergie peut aller dans la voiture.

Durable et efficace

Dans le débat sur la mobilité, les véhicules électriques sont considérés depuis déjà des années comme le moyen de transport de l’avenir, mais la percée s’est toujours fait attendre. Nous vivons aujourd’hui une situation unique : les problèmes techniques sont résolus les uns après les autres et il y a un soutien, du politique comme de la société. C’est ce que prouve aussi notre société-mère, innogy, leader européen en innovation et en développement durable, qui souhaite écologiser la totalité de sa flotte automobile avec des voitures électriques et hybrides d’ici 2021.

Tirons parti de cette dynamique. Les responsables politiques peuvent stimuler l’écologisation de la flotte automobile en l’orientant vers les voitures en leasing, et tenir compte des véhicules électriques dans le prélèvement par kilomètre et soutenir les entreprises qui se sont dotées d’un plan de mobilité. La récente initiative du ministre flamand de l’Energie, Bart Tommelein, qui a souhaité l’élargissement au leasing privé de la prime aux voitures électriques, témoigne d’une ambition adéquate. C’est ainsi que nous pouvons améliorer la durabilité et l’efficacité de l’économie.

Pierre Pignolet

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *